
Plusieurs modèles de développement existent, mais deux principaux permettent le déploiement de l’aide internationale. Toutefois, il est important de souligner que chacune de ces stratégies est liée à une idéologie.
Pensez-y : Quels sont les intentions cachées derrières ces modèles? Qu’en est-il des impacts sur les populations bénéficiaires ou actrices?

Le développement descendant (top-down) est la forme la plus répandue en développement international. Elle signifie que les institutions ou encore les ONGs étrangères dictent les règles du développement, puisqu’elles tiennent généralement le financement leur méthode a prépondérance. Elles élaborent le projet au nord, prennent leurs ressources, puis se lancent dans son implantation dans une communauté X. Ainsi, peu ou pas de consultations avec les populations locales ont été effectuées.
Cette stratégie amène plusieurs problèmes, notamment celui d’implanter un projet qui ne comble pas les besoins ou la réalité des bénéficiaires. Par exemple, une ONG décide de creuser un puit dans une petite communauté du Burkina Faso se disant qu’il y a des problèmes de distribution d’eau potable. Quelques jours après le départ des coopérants, les femmes du village lancent des pierres dans le puit. Pourquoi? Aller chercher de l’eau à 5 heures de marche du village était pour elles une occasion de discuter et d’être sans les hommes. Le puit les privait de ces moments.

Le développement ascendant (bottom-up) signifie que les communautés de base identifient leurs besoins, recensent leurs ressources, réfléchissent à des pistes de solutions et organisent des projets pour pallier à leurs problèmes qu’ils mettent en branle. La communauté est donc protagoniste de son « développement ». Néanmoins, les sources de financement pour de tels projets peuvent se trouver plus difficilement, car ils ne sont pas toujours en accord avec les lignes directrices des bailleurs de fonds. De plus, les communautés doivent trouver des ONG avec qui travailler de concert pour obtenir du financement des institutions bilatérales, comme l’ACDI.
Toutefois, certains pays ont développé des infrastructures favorisant et légitimant le développement depuis la base, dont le Venezuela. Le gouvernement de la Révolution bolivarienne a récemment modifié sa constitution pour que les groupes de base reprennent le contrôle des changements s’y déroulant. En effet, des conseils locaux ont été créés, depuis l’élection d’Hugo Chavez à la présidence, et des projets de développement sont mis en branle par les communautés financés par l’État et les localités. L’Uruguay a également fait quelques pas, en ce sens, en créant le Fonds national d’habitation et d’urbanisation qui favorise le développement de stratégies de développement salubre à partir des communautés (voir MEVIR). Le Brésil, quant à lui, est exceptionnel dans ses démarches et ce, en raison du mouvement des paysans sans terre (MST) qui a développé un système en marge de l’État, toutefois autorisé par ce dernier.
Le développement ascendant est étroitement lié au développement participatif, théorie qui a été élaborée par Juana Brachet. Pour en savoir davantage, consultez cette étude portant sur les coopératives d’habitations en Uruguay. Les critères y sont expliqués, puis utilisés dans l’analyse.
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