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Les courants de pensée

Théorie de la modernisation

RostowUne des définitions les plus courantes et compréhensives du développement capitaliste provient de l’économiste Walt Whitman Rostow et son ouvrage Les étapes de la modernisation (1960), soit où le développement rime avec croissance économique et progrès technologique pour sortir du sous-développement (Peemans, 2002 : 8). Le développement serait ainsi un outil pour « moderniser » les peuples « primitifs » qui seraient ainsi sous-développés comparés à l’Occident. Cela s’expliquerait, selon Rostow, par cinq étapes auxquels doivent cheminer les êtres humains pour être finalement développés, voire civilisés :

On part d’une société traditionnelle stagnante et caractérisée par la pauvreté, l’ignorance et la résistance au changement. La seconde étape [mène] à l’émergence d’une minorité tournée vers le changement, le progrès, la science et la rationalité. À travers cette seconde étape, […] on va s’acheminer progressivement vers ce décollage qui s’est opéré en Angleterre à travers la révolution industrielle. Cette troisième étape est caractérisée par un rythme élevé d’innovations techniques soutenues par un relèvement sensible des taux d’investissement. On peut passer alors à la quatrième phase, qui est celle de la maturité et où les progrès se diffusent dans l’ensemble de l’économie entraînant une élévation générale de la productivité et du revenu. Enfin, le cinquième stade, permettait d’arriver à la société de « consommation de masse »… (Peemans, 2002 : 38)


Un problème majeur du développement capitaliste se situe dans cette dynamique, puisqu’au lieu de servir d’outil d’amélioration des conditions de vie, tel que démontré par les agences de coopération internationale, le développement économique est plutôt une fin en soi.

École de la dépendance

Gunder FrankLes dépendantistes soutiennent que le développement est un modèle d’exploitation de la périphérie vers le centre. Gunder Franck (1998 : 110) explique que le sous-développement, tel que présenté par les adeptes de la théorie de la modernisation, ne s’expliquerait pas par un manque de développement mais au contraire par son absence. En effet :

the most underdeveloped and feudal-seeming today are the ones which had the closest ties to the metropolis in the past. […] This […] contradicts […] that the source of a region’s underdevelopment is its isolation and its precapitalist institutions (Gunder Franck, 1988: 117).

Les problèmes rencontrés dans les pays dits sous-développés seraient donc présents pour cause de leur passé colonial, où ils ont été pillés par leur métropole et élites. La réponse générale des dépendantistes fut d’opter pour le modèle réformiste d’« industrialisation par substitution aux importations » (ISI) lors des années 80, où il fallait produire localement ce que l’on importait, et ce, par l’entremise d’une industrialisation, malheureusement cette solution a échoué vu ses coûts. 

 

Post-Développementaliste

Serge LatoucheLes post-développementalistes remettent en question le principe même du développement. Ces analystes soutiennent que le développement est un concept hégémonique provenant du premier monde et ayant comme finalité l’asservissement des populations du Sud au système capitaliste. Le but étant d’abolir le développement capitaliste et miser sur l’amélioration des conditions de vie par les communautés.

Parmi ces théoriciens, on compte Serge Latouche qui a mis de l’avant la Décroissance. Ce concept expose le principe selon lequel la terre ne peut plus supporter les pressions du système dans lequel nous vivons puisqu’il exploite à l’infini les ressources de notre planète. Par ce fait même, il remet en question l’idée du développement durable qui indique l’on puisse croître économiquement à l’infini tout en respectant l’environnement et la société. Pour Latouche, développement et durable ne peuvent être juxtaposés car, comme mentionné plus haut, on ne peut consommer à l’infini sans avoir un impact néfaste sur notre environnement.  La solution serait ainsi de favoriser un retrait du développement économique et miser sur la croissance des relations sociales liées à un bon comportement environnemental, notamment en réduisant, en réutilisant et en recyclant ce que l’on consomme.

 

 

Pour plus d'informations, consultez cette présentique: Les théories du développement

 
   
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